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 Exploitation du pétrole camerounais

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Ma'ario amouloudou
Ma'ario amouloudou


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Date d'inscription : 10/04/2006

MessageSujet: Exploitation du pétrole camerounais   Mar 18 Avr - 17:38

Pétrole: Main basse des Français sur les plates-formes

DOUALA - 17 AVR. 2006
© Jacques DOO BELL, Le Messager

Les techniciens camerounais qui travaillent sur les plates-formes des deux entreprises françaises qui exploitent plus de 80 % du brut camerounais sont mécontents. Depuis bientôt trois mois, la colère monte et il n’est pas impossible que cela débouche sur une crise ouverte.

Deux événements intimement liés et qui ont directement prise sur le niveau de vie des Camerounais ont réveillé les récriminations et les frustrations des travailleurs camerounais à l’encontre des deux mastodontes pétroliers que sont Total E&P et Perenco. Il s’agit de la hausse vertigineuse des prix des produits pétroliers, liée selon le gouvernement à l’augmentation du prix du baril sur le marché mondial et de l’entrée en jeu des “ barbouzes ”.

La vertigineuse montée du prix du baril, qui est passé en deux ans de 25 à 60 dollars, a gonflé les recettes et les bénéfices des sociétés pétrolières. Alors que les employés français de ces sociétés voyaient leur nombre et leurs revenus augmenter, les employés camerounais n’ont bénéficié, quant à eux, d’aucune amélioration, ni dans les salaires, ni dans leurs conditions de travail.

A l’instar de ce qui s’est concrétisé récemment dans le secteur des assurances les délégués du personnel des deux sociétés ont engagé, depuis 2000, de difficiles négociations pour une nouvelle convention du travail. Ces négociations n’ont toujours pas abouti. Les employeurs parlaient à l’époque de la modicité du prix du baril. Or il faut savoir que même à 20 dollar, les sociétés pétrolières sont largement bénéficiaires puisque, dans le Rio del Rey, principal champ pétrolier camerounais, le prix de revient d’un baril est de 5 dollars maximum. Avec un baril à 60 dollars, on imagine les fabuleux profits des sociétés pétrolières. Total a récemment annoncé avoir réalisé, à l’échelle mondiale, des bénéfices nets de 12 milliards d’euros en 2005, soit environ 8.000 milliards Fcfa ! Une bonne partie de ces bénéfices, on se serait attendu à ce que Total et Perenco augmentent les salaires de leurs agents et améliorent leurs conditions de travail, en commençant par la formation continue. Rien n’a été fait. Fin 2005 toutefois, une solide gratification est venue égayer les employés camerounais de Total E&P, grâce à un geste de M. J.-M. Noiray, le directeur général.
Les travailleurs camerounais, qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes, vu l’indifférence du ministère du Travail et de la sécurité sociale et de celui de l’Industrie, des mines et du développement technologique, espèrent pouvoir amener les dirigeants de Total, Perenco et Pecten (filiale de Shell) à la signature d’une nouvelle convention collective. En attendant cette éventuelle nouvelle convention, les travailleurs camerounais sont frustrés chaque jour par l’injustice qui est pratiquée aussi bien sur les salaires, dans les accommodations (restauration, hébergement, transport) que dans l’exigence de toujours plus de rendement ; après 15 ou 21 jours de présence en mer, les travailleurs camerounais rentrent chez eux complètement lessivés ; les recrutements se sont arrêtés depuis plus de 10 ans déjà.

Les barbouzes entrent en jeu

Le deuxième événement qui a fait mousser la colère des Camerounais est l’irruption de deux “barbouzes” françaises dans la bataille pour le contrôle de l’activité de sous-traitance à Total et Perenco. Les sieurs Jean-Michel Lang et Patrick Bugler sont à la tête de Cegelec-Cameroun depuis janvier 2006. Comme tout le monde le sait, Cegelec Cameroun est une filiale de la multinationale Cegelec qui opère au Cameroun dans le domaine des Btp et essentiellement dans l’électricité. A ce titre, leur plus gros chantier a été la réalisation de la densification des réseaux électriques de Douala et Yaoundé pour le compte de Sonel au début des années 1990. Avec des méthodes peu orthodoxes, Cegelec-Cameroun a , coup sur coup, obtenu tout le marché de la maintenance des plates-formes Total en 1994 et une grande partie de la maintenance des plates-formes de Perenco deux ans plus tard. C’est aussi Cegelec qui a le marché de la maintenance d’Alucam avec 200 agents postés en permanence à Edéa. L’appétit venant en mangeant, Cegelec, à qui la Snh avait imposé des entreprises sous-traitantes camerounaises sur les plates-formes de Total en 1994, a, depuis l’arrivée de Lang et Bugler, décidé d’éliminer toute concurrence camerounaise. Il faut relever que le marché de la maintenance sur les plates-formes de Total-Cameroun et Perenco est évalué à 6 milliards de Fcfa. Le plus gros de ce marché est attribué à Cegelec qui empoche chaque année la bagatelle somme de 4 milliards de nos francs et ne rétrocède à ses sous-traitants camerounais que 200 millions soit 5 % ! Les 2 autres milliards vont à des sociétés d’expertises et de fournitures de matériel en France.

Aussi, une question brûle-t-elle les lèvres : pourquoi Cegelec s’acharne-t-elle sur les 5 % qui font vivre les entreprises camerounaises ? Sans doute en raison de la voracité excessive qui caractérise toute multinationale. Mais surtout pour éliminer de futurs concurrents camerounais qui pourraient être sous-traitants directs de Total ou Perenco, le jour où la Snh, et pourquoi pas le secrétariat général à la présidence de la République qui préside le conseil d’administration de la Snh, s’aviseront de la supercherie qui règne depuis 12 ans au moins dans le secteur de la sous-traitance sur les plates-formes. Car Cegelec, c’est une vaste escroquerie. Cette entreprise n’apporte presque pas de valeur ajoutée à l’économie nationale. Si oui, une infime partie qui ne constitue que broutille par rapport à celle qu’elle engrange chaque mois de Total et Perenco. Certes, des salaires de misère sont reversés aux employés nationaux. De maigres retombées vont aux sous-traitants locaux tandis que l’essentiel du pactole va en France. Ce qui n’est pas sans susciter la frustration de certains cadres nationaux. L’exemple le plus parlant est celui de M. Jérémie Konguep, ancien directeur administratif et financier de Cegelec remercié en février dernier pour avoir refusé d’opérer ces virements en France ; sa sœur, comptable dans la même entreprise a subi le même sort quelques semaines après selon nos sources.

Des têtes de proue d’un génocide économique

Des comportements anachroniques des entreprises comme Cegelec illustrent de fort belle manière qu’elles ne sont dans nos pays que les avants-postes d’un néo-colonialisme destiné à perpétrer un véritable génocide économique. Avec la bénédiction des autorités locales frileuses et incapables de défendre le patrimoine et les intérêts nationaux.

Et pourtant les entreprises camerounaises telles que Hydrac, Setia, Tenga Oil, Eic sont tout à fait capables, individuellement ou en groupement, de gérer la maintenance sur les plates-formes de Perenco et Total. Elles ont l’expertise technique et managériale pour ce faire. C’est donc pour empêcher Perenco et surtout Total E&P de traiter directement avec les entreprises camerounaises que Cegelec, par le biais de ses barbouzes comme Lang et Bugler, essaie de débaucher, tels des vautours, du personnel camerounais, formé à grands frais par leurs employeurs. La loi évidemment condamne ce genre de manœuvres assimilées à de la concurrence déloyale et à du sabotage. Mais qui plus est, la manœuvre de Cegelec, si elle devait aboutir, signifierait que les sociétés Perenco et Total, complotent sur le dos de la Snh pour qu’il n’y ait plus d’entreprises camerounaises dans le secteur de la maintenance des plates-formes en offshore. Nous entrerions alors dans une re-colonisation technique et économique, cette fois, sous le regard… laxiste de la Snh dont le rôle est pourtant de défendre les intérêts du Cameroun et des Camerounais dans le secteur pétrolier.

Total E&P et Perenco envisagent-elles de travailler un jour avec des entreprises camerounaises ? Que font encore sur les sites pétroliers camerounais des entreprises comme Franship, Cegelec, Sodexho, Surf, Friedlander, Pictet, Apave, etc. ? Des entreprises camerounaises sont capables d’offrir les mêmes prestations aux mêmes coûts. La vérité de toute cette affaire n’est-elle pas en fin de compte une histoire de vaste escroquerie en haute mer camerounaise ? La Conac (Commission nationale anti-corruption) a du pain sur la planche. A condition qu’elle ne se limite pas à une existence sur du papier.

http://www.cameroon-info.net/cmi_show_news.php?id=17524
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